Les accords conclus par l’UE avec les pays tiers sur les demandeurs d’asile conduisent à de sérieuses violations des droits de l’homme. C’est ce que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a conclu aujourd’hui en adoptant la résolution élaborée par le rapporteur Tineke Strik, membre du Groupe des Socialistes, Démocrates et Verts, de la délégation néerlandaise. Les pays européens se préoccupent trop peu de la protection des réfugiés hors de leurs propres frontières. Il est évident que les accords conclus avec les pays tiers ne répondent en aucun cas aux critères de la Convention de Genève relative aux réfugiés.

Tineke Strik : « En échange d’argent, de bénéfices commerciaux ou de visas, nous poussons les pays hors d’Europe à fermer leurs frontières et à prendre en charge la responsabilité des migrants pour nous. A cette fin, les réfugiés sont piégés dans des pays où il n’y a aucune ou très de peu de garanties pour un véritable accueil et une bonne protection. Le fait que les migrants soient hors de notre vue, ne signifie pas qu’ils n’ont pas de droits. »

L’Assemblée parlementaire déclare qu’avec cette politique, les pays européens transfèrent de plus en plus de responsabilité aux autres pays, qui reçoivent déjà beaucoup de réfugiés ou exposent les migrants à d’important dangers et des mauvais traitements. Le budget pour le développement de l’UE est de plus en plus utilisé pour contrôler les activités aux frontières avec comme objectifs de réduire la migration. L’Assemblée exhorte les états membres de l’UE à s’abstenir de conditionnaliser les fonds pour les pays en développement à leur consentement à contrôler la migration.

Les accords avec les pays tiers augmentent le risque que les migrants soient « bloqués » dans des pays en transit. Dans ces pays, ils courent un plus grand risque de sanctions et de mesures restrictives telles que le refoulement, la détention administrative et les traitements inhumains. C’est aussi un moyen pour les pays membres de l’UE de rejeter leur propre responsabilité de protection et de réinstallation des réfugiés.

L’Assemblée appelle l’UE à faire plus afin d’assurer que les droits des demandeurs d’asile soient défendus et préservés, particulièrement lorsque la dégradation de ces droits est une conséquence directe des mesures prises ou financées par l’Europe. C’est pourquoi elle exhorte les pays européens à faire des évaluations d’impact des droits de l’homme avant de coopérer ; de surveiller les droits de l’homme de façon indépendante et de suspendre leur coopération si les droits des réfugiés ne sont plus garantis. En outre, la résolution appelle à plus de solidarité avec les pays de la région en les soutenant pour l’accueil des réfugiés et en permettant à beaucoup plus de réfugiés de venir en Europe par des voies légales.