J’ai participé cette semaine à la session d’hiver de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) à Strasbourg. J’ai trouvé l’atmosphère au Palais de l’Europe pesante, si ce n’est oppressante. Je peine ces derniers temps à reconnaître l’APCE volontaire et courageuse à laquelle je m’enorgueillis, député français, d’appartenir depuis 4 ans. La faute à quoi ? La faute à des non-dits toujours plus nombreux, aux petits arrangements inavouables, à l’absence de leadership assumé au service des droits et libertés, en un mot à un courage évanescent. Ainsi, la situation en Turquie aurait voulu que nous y consacrions un débat d’urgence. C’était, entre autres, le souhait du groupe socialiste. Las, le groupe conservateur, dont font partie les députés de l’AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan, s’y est vigoureusement opposé et le PPE l’a malheureusement largement suivi. Le Bureau de l’APCE a ainsi rejeté par 14 voix contre 13 le principe d’organiser un tel débat. Nous avons tenté sans succès de renverser cette décision en séance lundi, réunissant 94 voix pour le débat contre 68 voix opposées et 19 abstentions, à une poignée de voix de la majorité des 2/3 nécessaire pour déjuger le Bureau. Et l’APCE a ainsi traversé toute la semaine sans parler de la Turquie…

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